Charles Perrault

Biographie

CHRONOLOGIE


1628. 12 janvier. Naissance, à Paris, de Charles Perrault, de Pierre Perrault et de Pâquette Leclerc. Son frère jumeau, François, mourra six mois plus tard.


Vers 1636 ou 1637. Comme ses frères aînés, il entre au collège de Beauvais, dont il devient vite un des meilleurs sujets. Il compose notamment des vers avec une précoce facilité.


Vers 1643 ou 1644. Parvenu en classe de philosophie, il quitte le collège, à la suite d'une dissension entre son régent et lui. Avec un camarade, Beaurain, il complète, sans maîtres, pendant trois ou quatre ans sa formation, lisant presque toute la Bible, et Tertullien, dont les deux jeunes gens traduisentL'Habillement des femmes, apprenant l'histoire dans La Serre et dans Davila (probablement grâce à la traduction procurée en 1642 par Jean Baudouin), étudiant Virgile, Horace, Tacite et la plupart des classiques latins. Sur la suggestion de Beaurain, Charles Perrault, avec la collaboration de ses frères Nicolas et surtout Claude, traduit en vers burlesques le sixième livre de l'Énéide.


1651. 23 juillet. Avec deux de ses camarades, Charles Perrault présente supplique à l'Université d'Orléans pour prendre ses licences en droit civil et canon. Il passe l'examen la nuit même, si l'on en croit ses Mémoires, ou, selon l'usage, un jour ou deux plus tard. Le 27, ses deux camarades et lui sont reçus avocats. Il ne plaidera que deux fois.


1652. Le père de Charles Perrault meurt.


1653. Le premier livre des Murs de Troie ou l'origine du burlesque paraît à Paris chez Louis Chamhoudry, composé en commun par Charles, ses frères et Beaurain. Le second livre, demeuré manuscrit, était dû tout entier au seul Claude. 

    
1654. Pierre Perrault achète sa charge de receveur général et prend Charles comme commis.


1657. Mort de Pâquette Leclerc. La maison de Viry-sur-Orge échoit à Pierre, qui l'embellit, avec l'aide de ses frères, et notamment de Charles. On y voit François Charpentier, Guillaume Colletet, La Mesnardière, Pinchesne, Quinault, le graveur Robert Nanteuil. Charles compose ses Portraits    ­d'Iris et de la voix d'Iris, des rondeaux, son Dialogue de l'Amour et de l'Amitié, qui sera, comme l'Adonis de La Fontaine, calligraphié par Nicolas Jarry pour le surintendant Foucquet.


1659. Le Portrait d'Iris et celui de sa voix sont imprimés dans le Recueil de divers portraits, rassemblés par Segrais. 7 novembre. Signature du traité des Pyrénées. Charles Perrault célèbre l'événement par une Ode sur la paix.


1660. 9 juin. Mariage, à Saint-Jean-de-Luz, de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche. Charles Perrault compose une ode à cette occasion. Cette pièce et la précédente sont lues, au témoignage de Chapelain, avec grand plaisir par Mazarin. Elles sont imprimées, ainsi que le Dialogue de l'Amour et del'Amitié, qui paraît chez Étienne Loyson ou Charles de Sercy.


1661. Charles Perrault publie chez Charles de Sercy et Claude Barbin Le Miroir ou la métamorphose d'Orante (privilège du 20 mars, achevé d'imprimer du 8 avril). 1er novembre. Naissance du Dauphin, que Charles Perrault célèbre dans une ode au roi, jugée mauvaise par Racine (lettre à l'abbé Le Vasseur, 28 mars 1662).


1663. Charles Perrault entre comme commis auprès de Colbert. Sur la recommandation de Chapelain, après avoir montré son savoir-faire en composant le Discours sur l'acquisition de Dunkerque par le Roi, en l'année 1663, ilest introduit comme secrétaire des séances dans le petit conseil ou petite Académie dont s'entoure le ministre.


1664. Pierre Perrault, convaincu d'avoir prélevé quelques deniers sur les fonds publics pour payer ses dettes les plus criantes, est contraint de vendre sa charge beaucoup au-dessous de ce qu'il l'a payée. Charles s'entremet en vain à deux reprises en sa faveur auprès de Colbert.


1665. Charles Perrault devient premier commis des bâtiments. Pose de la première pierre de la façade orientale du Louvre qui doit être élevée selon les plans du Bernin. Mais le célèbre « cavalier » regagne l'Italie dès l'automne et ses plans ne seront pas exécutés.


1666. Colbert charge Perrault de rassembler les éloges de Mazarin
(Elogia Julii Mazarini cardinalis, Paris, Antoine Vitré).


1667. Avril. Sur la proposition de Charles Perrault à Colbert, est mis en place un « petit conseil du Louvre », comprenant Le Vau, premier architecte du roi, Le Brun, son premier peintre, Claude Perrault et son frère Charles pour secrétaire. Cette commission doit élaborer un projet pour la façade du Louvre. La part que s'attribuent les deux Perrault dans l'élaboration de la colonnade reste encore aujourd'hui matière à contestation.


1668. Charles Perrault publie, chez François Léonard, son poème sur La Peinture (permission du 10 décembre 1667). L'occupation de la Franche-Comté, en février, lui inspire Le Parnasse poussé à bout, allégorie mythologique en prose et en vers sous forme d'une lettre à Chapelain.


1670. Charles Perrault, sous le titre Courses de têtes et de bagues faites par le roi et par les princes et seigneurs, luxueux volume orné de gravures par Chauveau et Israël Silvestre, sorti des presses de l'Imprimerie Royale, publie une relation du carrousel de 1662, suivie d'un poème latin par Fléchier.


1671. 23 novembre. Charles Perrault est reçu à l'Académie française. Il succède à Jean de Montigny, évêque de Léon. Son remerciement est tellement apprécié que la décision est prise de rendre à l'avenir publiques les séances de réception. Chapelain, directeur en exercice, lui répond. Huygens assiste à la séance.


1672. 28 janvier. Mort du chancelier Séguier, protecteur de l'Académie française. Louis XIV accepte d'en porter désormais lui-même le titre et loge la Compagnie au Louvre. A cette occasion est frappée une médaille, dont la devise, « Apollo Palatinus », est due à Charles Perrault. Élu chancelier de l'Académie, Perrault s'emploie auprès de Colbert pour lui procurer différents avantages (création d'un fonds pour les fournitures en bougies, plumes, bois de chauffage, le nettoyage de la salle, etc.). Il propose diverses modifications au règlement (élections au scrutin secret, horaire fixe des séances, installation d'une pendule, institution d'un registre de présence et de jetons, destinés à stimuler l'assiduité de ses confrères et à davantage accélérer l'avancement du Dictionnaire, utilisation d'une machine à voter, etc.), qui sont adoptées à l'unanimité. Devient contrôleur général des bâtiments. Colbert a créé pour lui cet office dont il se voit pourvu sans rien débourser et qui lui rapporte 4125 livres par an.


1er mai. Charles Perrault épouse, en l'église Saint-Gervais, Marie Guichon, âgée de dix-neuf ans, fille d'un payeur des rentes, seigneur de Rosières et de Vielaines, dans les environs de Troyes, Samuel Guichon. Le contrat de mariage, passé entre Charles Perrault, « contrôleur général des bâtiments et jardins, arts et manufactures de France, demeurant rue Neuve-des-Bons-Enfants », et sa future épouse, a été signé le 26 avril, en présence de la famille Colbert, de Claude Perrault, des ducs de Chevreuse, de Noailles, de Beauvilliers. La dot, de 70000 livres, est relativement modeste.


1673. 8 mai. Charles Perrault est réélu chancelier de l'Académie française. Le 21 août, Louis XIV signe à Nancy l'ordre de tirer six cent soixante volumes de sa bibliothèque pour doter d'un premier fonds celle de l'Académie. Ils sont placés sous la garde de Charles Perrault, qui prend le titre de bibliothécaire de la Compagnie, fonction qui ne sera pas continuée après lui.


1674. Perrault prend la défense d'Alceste, opéra de Quinault et Lulli, représenté pour la première fois le 19 janvier au Palais-Royal, et s'efforce d'en montrer la supériorité sur la pièce d'Euripide, dans une Critique de l'opéra ou examen de la tragédie intitulée Alceste ou le Triomphe d'Alcide, publiée avec une permission du 16 juillet. Racine y répondra dans sa Préface d'Iphigénie (Paris, Barbin, 1675). A la suite de la seconde conquête de la Franche-Comté, de février à juin, Quinault et Charles Perrault publient Deux poèmes à la louange du roi, accompagnés de leur traduction en vers latins par Maury. Celui de Perrault figure dans le manuscrit calligraphié et richement relié du Recueil de divers ouvrages offert par lui à la bibliothèque de Versailles.


1675. Publication, chez Jean-Baptiste Coignard, avec une épître dédicatoire de Jean Le Laboureur au prince de Conti, du Recueil de divers ouvrages en prose et en vers (privilège du 12 novembre 1674, registré le 19). Le volume, qui sera réimprimé en 1676 (achevé d'imprimer du 20 août), comprend desLettres (àBontemps, l'abbé d'Aubignac, Conrart), le Dialogue de l'Amour et de l'Amitié, Le Miroir, La Chambre de justice de l'Amour, le Discours sur Dunkerque, Le Parnasse poussé à bout, la traduction d'une épître latine composée par le chancelier de L'Hospital, les portraits d'Iris et de sa voix, lesOdes sur la paix, le mariage du roi, la naissance du Dauphin, une élégie, La Peinture, trois ou quatre pièces de vers, dont un sonnet et un madrigal, le remerciement à l'Académie, deux compliments au nom de la Compagnie, Le Labyrinthe de Versailles, la Critique de l'opéra, le poème à la louange du roi.
25 mai. Baptême, à Saint-Eustache, de Charles-Samuel, premier fils de Charles Perrault.


1676. 20 octobre. Baptême, en la même église, de Charles, deuxième fils de Charles Perrault.


1678. 21 mars. Baptême, toujours à Saint-Eustache, de Pierre Perrault Darmancour, né rue de Cléry, dernier fils de Charles Perrault.
Octobre. Mort de Marie Guichon.


1679. 19 mai. Mort de l'abbé Jacques Cassagne. Charles Perrault lui succède comme membre de la petite Académie.


1680. Charles Perrault cesse de toucher ses émoluments de premier commis. Vers cette époque il est supplanté dans ses fonctions par le marquis d'Ormoy, propre fils de Colbert.


1681. Charles Perrault cesse à peu près complètement de servir sous Colbert. Il ne touche plus sa pension. Il publie un Poème à la louange de M. Le Brun. Ilest élu directeur de l'Académie.


1682. Naissance du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. Charles Perrault célèbre l'événement dans son Banquet des dieux (permission d'imprimer du 15 novembre), ouvrage allégorique en prose et en vers. Furetière, dans son Second factum, l'accusera d'en avoir dérobé le titre et l'invention à Mallemant de Messanges et à sa Fête des dieux (permission du 16 juillet).


1683. Avril. Charles Perrault, dont les rapports avec Colbert ne cessent de se détériorer depuis quelques années, signe en qualité de contrôleur général des bâtiments ses derniers marchés.
6 septembre. Mort de Colbert, que Louvois remplace à la surintendance des bâtiments. Charles Perrault perd sa charge, qu'on lui rachète 22000 livres pour la revendre le triple et gratifier de la différence Le Brun et Le Nôtre. Exclu de la petite Académie, il y est remplacé par André Félibien. Il compose uneEpître chrétienne sur la pénitence, qui sera louée par Bossuet. Il publie une Traduction de l'ode latine de Santeul à Pellisson, écrite à la louange de Louis XIV protecteur de la religion catholique.


1685. 22 janvier. Furetière est exclu de l'Académie, pour l'avoir déloyalement concurrencée par son Dictionnaire. Charles Perrault a figuré, en compagnie de Charpentier, Thomas Corneille, l'abbé Régnier-Desmarais et l'évêque de Dax, Paul-Philippe de Chaumont, au nombre des commissaires qui, les jours précédents, ont tenu des conférences avec lui chez le premier président de Novion, alors directeur de l'Académie.
14 octobre. Édit de Fontainebleau, révoquant celui de Nantes. Charles Perrault publie une ode Aux nouveaux convertis.


1686. Charles Perrault publie, chez Jean-Baptiste Coignard, Saint Paulin, évêque de Nole, poème en six chants, dédié à Bossuet, que Perrault a consulté, ainsi que Huet, au cours de son élaboration. L'œuvre est suivie de l'Épître sur la pénitence et de l'ode aux nouveaux convertis. Perrault dédie à Fontenelle son épître sur Le Génie.


1687. 27 janvier. Séance à l'Académie française pour célébrer la guérison du roi, qui vient d'être opéré. L'abbé de Lavau lit le poème de Charles Perrault sur Le Siècle de Louis le Grand qui, suscitant l'irritation de Boileau, déclenche la Querelle des Anciens et des Modernes. L'œuvre paraîtra la même année.


1688. Le premier volume du Parallèle des Anciens et des Modernes, qui concerne les sciences et les arts, est publié chez Jean-Baptiste Coignard, avec Le Siècle de Louis le Grand etl'épître sur le génie.
29 octobre. Capitulation de Philisbourg. Charles Perrault compose à cette occasion une ode à Mgr le Dauphin, publiée dans Le Mercure galant de décembre parmi des pièces d'autres poètes sur cette campagne, et en édition séparée.


1690. Le premier tome du Parallèle est réédité, en même temps que paraît le second, consacré à l'éloquence. Charles Perrault publie en outre Le Cabinet des Beaux-Arts, recueil d'estampes gravées d'après les tableaux d'un plafond où les Beaux-Arts sont représentés, avec l'explication de ces mêmes tableaux, une ode A l'Académie française, une idylle à La Quintinie (mort le 11 novembre 1688) qui, publiée à part, sert aussi de préface à son Instruction posthume pour les jardins fruitiers et potagers.


1691. 8 avril. Capitulation de Mons. Charles publie Au roi, sur la prise de Mons.
25 août. L'abbé de Lavau lit à l'Académie française La Marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis. La nouvelle de Charles Perrault paraîtra peu après dans le Recueil de l'Académie pour 1691, où figure également Monsieur** en lui envoyant La Marquise de Salusses, ainsi que différents textes de lui (épître au président Rose, réponse au discours de réception de l'abbé de Caumartin). Elle sera aussi, toujours en 1691, publiée séparément chez Jean-Baptiste Coignard.
La Création du monde est lue à l'Académie française. Le poème sera publié l'année suivante et réimprimé en 1693 dans le Recueil de l'Académie. En 1691 paraît encore, traduite par Perrault, l'hymne de saint Nicolas, composée en latin par Santeul.


1692. Charles Perrault publie son poème humoristique de La Chasse, sous forme d'une épître à M. de Rosières (son beau-frère le chanoine Guichon). Il sera réimprimé l'année suivante dans le Recueil de l'Académie. Octobre. Huet réfute le Parallèle de Perrault dans une Dissertation en forme de lettre.
Charles communique à Boileau le troisième tome de son Parallèle, qui porte sur la poésie, avec une lettre qui le désarme, et qui, imprimée dans le volume, selon le vœu du satirique, lui servira de conclusion.


1693. Boileau publie son Ode sur la prise de Namur, achevée en juin, avec un avis « Au lecteur », devenu par la suite le Discours sur l'Ode, où il répond aux attaques formulées par Charles Perrault contre Pindare dans le troisième tome de son Parallèle. L'ode elle-même s'achève sur une allusion satirique à « l'auteur de Saint Paulin ». Charles Perrault riposte par son Ode au roi, lue à l'Académie le 25 août 1693 et publiée la même année avec un Avis, ainsi que par une Lettre à M. D*** touchant la préface de son Ode sur Namur avec une autre lettre où l'on compare l'ode de M. D. avec celle que M. Chapelain fit autrefois pour le cardinal de Richelieu. Novembre. Les Souhaits ridicules, conte, paraissent dans Le Mercure galant.
Charles Perrault publie encore, cette année-là, le Dialogue d'Hector et d’Andromaque tiré du sixième livre de l'Iliade.


1694. Griselidis, Peau d'Âne (sans doute édité séparément dès les derniers mois de 1693) et Les Souhaits ridicules sont publiés chez Jean-Baptiste Coignard avec la mention « seconde édition ». Les trois contes se retrouvent avec d'autres œuvres de Perrault (La Création du monde, La Chasse, le Dialogue d'Hector et d'Andromaque, L'Apologie des femmes) au tome I du Recueil Moetjens. Le tome II du même Recueil contient les Lettres de Monsieur de ** à Mademoiselle*** sur les pièces de Griselidis et Peau d'Âne, ainsi que Le Triomphe de sainte Geneviève, l'idylle à La Quintinie, Le Génie.
Mars. Boileau publie la Satire X, où une précieuse ridicule loue le poème de Saint Paulin et à laquelle Charles Perrault répond quelques jours plus tard en publiant son Apologie des femmes, précédée d'une préface sévère pour la satire de Boileau.
Avril. Composées par Boileau entre 1692 et 1694 en réponse aux thèses soutenues par Charles Perrault dans Le Siècle de Louis le Grand et les trois premiers tomes de son Parallèle, les neuf premières Réflexions critiques sur Longin sont publiées dans ses Œuvres diverses avec le Traité du Sublime, la satire X, l'ode sur la prise de Namur et huit épigrammes.


4 août. Boileau et Perrault se réconcilient publiquement, grâce à l'habile diplomatie de Racine, lors d'une séance de l'Académie.


8 août. Mort du Grand Arnauld, que les deux adversaires avaient pris pour arbitre et qui, dans une lettre écrite sans doute en avril à Perrault, lui donnait à peu près tous les torts. En juin, cependant, Perrault ignore encore l'existence de la lettre, qui ne lui a pas été envoyée, mais dont Boileau a obtenu la copie et qu'il juge si avantageuse pour lui qu'il écrit à Antoine Arnauld pour l'en remercier, tandis que Perrault s'inquiète de cette lettre dont on lui parle mais qu'il n'a pas vue, parce que ses amis le médecin Dodart et l'oratorien Varet ne veulent pas qu'on la lui montre, non plus que Bossuet, consulté sur la question. Famine, épidémie, en août sécheresse. Perrault publie Le Triomphe de sainte Geneviève.


1695. Une quatrième édition (la troisième reste introuvable) de Griselidis, avec le conte de Peau d'Âne et celui des Souhaits ridicules, est publiée chez Jean-Baptiste Coignard. La Préface yfigure pour la première fois.
L'Épître à Mademoiselle, signée « P. P. », La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Maître Chat ou le Chat botté, Les Fées sont copiés par un calligraphe dans un manuscrit aux armes de Mademoiselle.
8 octobre. Achevé d'imprimer des Œuvres mêlées de Mlle Lhéritier (privilège registré le 18 août). Marmoisan yest dédié à la sœur de Perrault d'Armancour.


1696. FévrierLa Belle au bois dormant paraît avec quelques variantes dans Le Mercure galant. Ce texte est reproduit la même année au tome V (première partie) du Recueil Moetjens.
10 mai. Achevé d'imprimer d'Inès de Cordoue, par Mlle Bernard (privilège du 19 février), qui contient un premier Riquet à la houppe.
Perrault publie la première série des Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle avec leurs portraits au naturel, réunis par les soins de Michel Bégon.


23 septembre. L'abbé Dubos écrit à Bayle que Barbin « imprime les Contes de ma mère l'Oie, par M. Perrault ».


28 octobre. Privilège pour les Récits ou Contes du temps passé, accordé « au sieur P. Darmancour », cédé à Claude Barbin, registré le 11 janvier 1697.


1696 ou 1697, avant juin. Mme d'Aulnoy, Les Contes de fées, t. I, II, III.


1697. JanvierLe Mercure galant signale Les Hommes illustres, annonce le tome IV du Parallèle et les Histoires ou Contes du temps passé. Les deux ouvrages viennent d'être mis en vente. Le dernier volume du Parallèle traite de l'astronomie, de la géographie, de la navigation, de la guerre, de la philosophie, de la musique, de la médecine, etc. Les Histoires ou Contes du temps passé, avec des moralités, sont publiés chez Claude Barbin. Ils sont illustrés d'un frontispice signé Clouzier, d'une vignette devant l'épître dédicatoire, d'une autre devant chaque conte. Une seconde édition, légèrement retouchée, paraît dans l'année. Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Maître Chat ou le Chat botté, Les Fées, Cendrillon ou la petite pantoufle de verre, Riquet à la houppe, Le Petit Poucet se retrouvent également dès 1697 dans le Recueil Moetjens (tome V, quatrième partie). La même année encore, sont imprimées deux éditions d'une contrefaçon hollandaise à la Sphère (ainsi nommée parce que, comme dans toutes les contrefaçons du même type, elle portait une sphère armillaire sur la page de titre). L'œuvre y est attribuée au « Fils de Monsieur Perrault de l'Académie François » (sic). Le frontispice et les vignettes de l'édition Barbin y sont reproduits, mais inversés. Cette contrefaçon sera réimprimée en 1698, 1700, 1708 (avec la mention « Amsterdam, Jacques Desbordes »), 1716.


6 avril. Pierre Perrault ayant tiré l'épée contre Guillaume Caulle, un jeune voisin de seize ou dix-sept ans, et l'ayant mortellement blessé, Charles Perrault, tuteur de son fils mineur, propose en dédommagement la somme de 2 000 livres : accord en est passé, sous seing privé, entre les deux parties.


9 septembre. La saisie des biens de Perrault, à la suite de cette affaire, est décidée par ordonnance du lieutenant civil. Cette ordonnance devient exécutoire le 26. Le 30, Perrault présente une requête verbale pour demander la délivrance de ses biens. Le 18 novembre, il offre à Marie Fourré, veuve de Martin Caulle, maître menuisier, mère de la victime, de lui payer les 2 000 livres stipulées dans l'acte du 6 avril, « pour les frais de maladie, médicaments et enterrement de Guillaume Caulle son fils ». La somme est déposée chez le notaire Bicher.
La Création du monde, augmentée de trois chants, devient Adam ou la création de l'homme, sa chute et sa réparation, poème chrétien. Perrault traduit d'autre part une ode latine de Boutard sur Marly.


1698. 15 avril. Charles Perrault est condamné par sentence du Châtelet à verser à Marie Fourré une somme de 2 079 livres, dont elle lui donnera quittance le 30 avril. Perrault publie une ode A M. de Callières sur la négociation de la paix (de Ryswick, signée le 20 septembre et, pour l'Empereur, le 30 octobre 1697). Il traduit le Portrait de Messire Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, avec le latin (de Boutard) à côté.


1699. Perrault publie chez Jean-Baptiste Coignard sa traduction des Fables de Faërne.
L'abbé de Villiers publie ses Entretiens sur les contes de fées.


1700. Faydit, dans sa Télémacomanie, parle des Contes, sans mettre en doute leur attribution au fils de Charles Perrault.
2 mars. Mort de Pierre Perrault Darmancour, lieutenant dans le Régiment Dauphin.
16 novembre. Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, est présenté à la Cour comme roi d'Espagne. Conduit par ses frères les ducs de Bourgogne et de Berry. Il est reçu dans ses États en février 1701. Charles Perrault célèbre l'événement par une Ode au roi Philippe V, allant en Espagne, qui paraît en 1701.
Perrault publie une deuxième série de ses Hommes illustres.


1701. Vers mai. Boileau publie une nouvelle édition de ses Œuvres diverses, qui contient, outre la lettre du Grand Arnauld à Perrault, une lettre de Boileau à ce dernier, de ton très conciliant.
24 mai. Privilège obtenu par Perrault pour le Recueil de ses Divers ouvrages tant en prose qu'en vers, dont l'édition, légèrement différente pour le contenu de celle qu'il avait publiée en 1675, ne devait paraître qu'en 1729, sous le titre d'Œuvres posthumes. Cédé à Jean-Baptiste Coignard, il sera enregistré le 11 avril 1703.


1702. Perrault publie une Ode pour le roi de Suède, le jeune Charles XII, monté sur le trône en 1697. Son Roseau du Nouveau Monde est lu à l'Académie.


1703. Publication du Faux bel esprit, satire, avec Le Roseau du Nouveau Monde.
30 avril. Dernière apparition de Charles Perrault à l'Académie.
Nuit du 15 au 16 mai. Charles Perrault meurt en sa maison sur les fossés de l'Estrapade. Le 17, il est inhumé dans la nef de l'église Saint-Benoît, sa paroisse.

 

D’après la chronologie de Jean-Pierre Collinet