Qui a réussi l’exploit de réaliser le grand chelem doré la même année ?

Remporter les quatre tournois du Grand Chelem au cours d’une seule saison place déjà un joueur ou une joueuse parmi les légendes du tennis. Ajouter une médaille d’or olympique à cette série constitue un accomplissement tellement rare qu’il a fallu inventer un terme pour le décrire : le Grand Chelem doré. Une seule personne a réalisé cet exploit en simple dans le tennis valide, et cette personne, c’est Steffi Graf, en 1988.

Steffi Graf en 1988 : la seule saison parfaite du tennis valide

Joueur de tennis soulevant un trophée doré du Grand Chelem après une victoire historique dans un tournoi majeur

Steffi Graf entame la saison 1988 en tant que numéro 1 mondiale. Elle n’a pas encore 19 ans. Son jeu repose sur un coup droit dévastateur, un jeu de jambes hors norme et une capacité à varier les effets en revers.

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En janvier, elle remporte l’Open d’Australie. Puis Roland-Garros au printemps, Wimbledon en été et l’US Open en septembre. Quatre titres du Grand Chelem la même année calendaire, un exploit que seuls quelques joueurs ont réussi dans l’histoire du tennis.

Graf ne s’arrête pas là. Le 1er octobre 1988, elle domine Gabriela Sabatini en finale du tournoi olympique de Séoul, 6-3, 6-3. Le tennis venait de réintégrer le programme officiel des Jeux après une absence de plusieurs décennies.

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La médaille d’or parachève une saison sans équivalent. L’expression « Grand Chelem doré » (Golden Slam) est alors forgée spécialement pour décrire ce parcours, et c’est aussi la première fois qu’on peut réaliser le grand chelem doré puisque le tennis n’était pas aux Jeux les décennies précédentes.

Grand Chelem doré, calendaire, en carrière : les distinctions à connaître

Joueur de tennis à genoux sur le gazon célébrant une victoire émotionnelle lors d'un tournoi du Grand Chelem sur herbe

Pourquoi parle-t-on parfois de Grand Chelem « calendaire » et parfois de Grand Chelem « en carrière » ? Les deux notions sont souvent confondues, alors qu’elles désignent des réalités très différentes.

  • Grand Chelem calendaire : remporter l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open au cours de la même année civile. Rod Laver reste le dernier homme à l’avoir accompli, en 1969.
  • Grand Chelem en carrière : gagner chacun des quatre tournois majeurs au moins une fois, sans contrainte de calendrier. Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer l’ont tous les trois obtenu.
  • Grand Chelem doré : réussir le Grand Chelem calendaire et gagner l’or olympique la même année. Seule Steffi Graf y est parvenue en simple dans le tennis valide.

La distinction compte parce qu’elle change radicalement l’échelle de difficulté. Gagner quatre tournois majeurs sur une carrière de dix ou quinze ans laisse le temps de progresser, de s’adapter aux surfaces. Tout gagner la même année exige une régularité physique et mentale sur douze mois consécutifs, sans baisse de régime.

Pourquoi personne n’a reproduit l’exploit de Graf depuis 1988

Novak Djokovic s’en est approché en 2021. Après avoir remporté l’Open d’Australie, Roland-Garros et Wimbledon, il visait le Grand Chelem calendaire lors de l’US Open. Il s’est incliné en finale. Aux Jeux de Tokyo la même année, il n’a pas décroché l’or non plus.

La densité du calendrier moderne rend l’exploit encore plus improbable. Les saisons ATP et WTA comportent des dizaines de tournois obligatoires. Les joueurs de plus de 30 ans subissent une charge physique documentée par les rapports médicaux des circuits professionnels, avec une augmentation des forfaits autour des périodes olympiques.

Il faut aussi considérer la variété des surfaces. L’Open d’Australie se joue sur dur, Roland-Garros sur terre battue, Wimbledon sur gazon, l’US Open sur dur rapide. Chaque surface favorise un style de jeu différent. Dominer les quatre la même année suppose une polyvalence technique que très peu de joueurs maîtrisent à ce niveau.

Le facteur olympique

Les Jeux Olympiques n’ont lieu que tous les quatre ans. Un joueur qui réalise le Grand Chelem calendaire une année sans Jeux ne peut pas prétendre au Golden Slam. Cette contrainte arithmétique réduit mécaniquement les fenêtres de tir. En 1988, Graf a profité du retour du tennis aux Jeux, à Séoul. La prochaine fenêtre réaliste n’arrive que lorsqu’un joueur domine les quatre majeurs une année olympique.

Le Grand Chelem doré existe aussi en para-tennis fauteuil

Les articles consacrés à Graf omettent souvent un fait notable : le Golden Slam a été accompli en dehors du tennis valide. En para-tennis fauteuil, la Néerlandaise Esther Vergeer a remporté les quatre majeurs et l’or paralympique la même année en 2009.

Plus récemment, l’Australien Dylan Alcott a réalisé le même exploit en 2021 dans la catégorie quad wheelchair, en ajoutant l’or paralympique de Tokyo à ses quatre titres du Grand Chelem. L’ITF et le CIO ont reconnu ces performances dans leurs bilans officiels.

Ces parcours rappellent que l’exploit de Graf est unique en simple valide, mais que le concept de saison parfaite trouve des échos dans d’autres disciplines du tennis. La rigueur physique et la constance mentale exigées sont comparables, même si les conditions de jeu diffèrent.

Steffi Graf, Rod Laver, Djokovic : trois trajectoires vers le Grand Chelem

Rod Laver a réussi le Grand Chelem calendaire deux fois, en 1962 et 1969. Le tennis n’était pas au programme olympique à ces dates, ce qui lui ferme la porte du Golden Slam rétrospectivement. Son palmarès reste l’un des plus impressionnants de l’ère Open.

Djokovic détient le record masculin de titres du Grand Chelem. Sa tentative de 2021 restera comme le moment où un joueur est passé le plus près du Golden Slam chez les hommes. La défaite en finale de l’US Open face à Daniil Medvedev a mis fin au rêve.

Steffi Graf reste la seule à avoir combiné Grand Chelem calendaire et or olympique en simple. Son parcours de 1988 n’est pas seulement un record : c’est un repère qui définit le plafond du tennis individuel. Tant que le calendrier imposera cette combinaison de quatre surfaces et d’une année olympique, reproduire cet exploit restera une probabilité infime.

Qui a réussi l’exploit de réaliser le grand chelem doré la même année ?